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  • Géraldine

Kitesurf et Voile - 9 apprentissages de la navigation


Bon nombre de ces objets que le skippeur utilise pour naviguer, le kitesurfeur les a aussi avec lui.


° La girouette, pour savoir d’où vient le vent, pour étudier les options. Au départ, à l’arrivée. Avant d’atterrir ou de décoller. Elle tourne, elle tourne, mais en kite, c’est souvent mon doigt et mon œil qui m’en informe, car c’est en observant le vent dans les vagues, et en écoutant les rafales dans les arbres, que je détermine le plus souvent, d’où vient le vent. Et si d’autres sont sur la berge depuis bien avant mon arrivée, je leur demande leur avis.


° La lampe, le phare, pour éclairer, pour voir clair dans la nuit. C’est un point de repère très proche, ou plus ou moins loin, qui m’aide à rester dans la meilleure trajectoire pour moi-même et selon la position des autres. Le phare indique que le port n’est bien pas loin. En kite, la lumière, c’est un point fixe que je prends sur la berge, une connexion que je garde comme repère, pour pouvoir retrouver ou trouver l’endroit où je m’arrête, ou vers lequel je veux aller.


° Le gouvernail, c’est la décision. Je le dirige à gauche, à droite, selon où je veux aller. En kite, c’est dans la barre, dans le prolongement du mat, de moi-même, que je sens dans mes mains le plus la tension entre la planche et l’aile. Écouter l’aile à travers ce que me dit le vent dans la barre, la tenir malgré la tension, trouver et accepter consciemment les contradictions, et les forces contraires, tout en s’y opposant fermement mais pas frontalement, tirer ou lâcher juste ce qu’il faut, dans la finesse. Et s’il y a des vagues, se diriger tout en contournant l’écume.


° La coque, c’est elle qui glisse sur l’eau, elle peut être en bois, elle doit flotter. La coque m’apporte cette sensation de douceur, de fluidité, d’écoulement, mais il est préférable qu’elle soit très résistante, dure, tout en étant assez souple pour absorber les chocs venant de bâbord ou de tribord, d’en face ou en arrière. Elle est le point de connexion « sec » peut-ton dire, entre l’eau et l’air. C’est un peu la terre, une île flottante, la vie. Tant que j’avance sur cette planche, je flotte.


° Le mat porte les pièces nécessaires à la propulsion de la coque par le vent. Il relie et est au centre des tensions entre la coque et les voiles. C’est lui qui connecte tout de ce qui est contrôlable. Une tension trop élevée dans le mat, et c’est le démâtage assuré : il ne reste plus qu’à mettre le moteur de secours, artificiel. Le mat a un profil, une courbure spécifique, quasiment unique. Aucun ne se ressemble. En kite, le mat, c’est un peu moi-même. C’est mon libre arbitre, l’unique contrôlable, le lien d’unité que je peux rechercher entre l’aile et la planche, ou pas, c’est mon choix. Je choisi ma planche et mon aile selon ma taille et mon poids, mes capacités, mes ressources et mes limites, et l’extérieur. C’est le lien que je structure entre ma pensée, mon aile, tout là-haut, exposée aux vents incontrôlables, l’intelligence de mon cœur et les mètres que je parcours sur l’eau, ou, mes pas.


° L’échelle, pour prendre de la hauteur, pour voir le chemin parcouru, étudier, et mieux savoir dire ce qui vient. Est-ce mieux qu’une boule de crystal ? Certainement. Pour sauter et prendre de la hauteur en kite, il faudra que j’abaisse l’aile pour lui donner de l’élan, puis la remonter rapidement et tirer fort sur mes bras pour m’élever dans les airs. Monter sur l’échelle et y rester, ou sauter et bien atterrir, demande du travail.


° Et l’ancre, pour faire une pause, c’est une valeur sûre. L’ancre est le plus souvent en acier, lourde à soulever, et elle résiste le plus souvent aux courants qui emportent l’embarcation. Elle n’est pas secouée, agitée, elle n’est pas impulsive, elle ne réagit pas aux mouvements extérieurs, aux « émotions » , selon l’étymologie du mot « mouvement » en latin. En kite, l’ancre, c’est la voile que l’on met à midi, au-dessus de notre tête, en haut, à l’opposé de l’ancre, là où la prise au vent est la moins forte, c’est là où je peux me reposer. Le vent et les courants me pousseront toujours avec eux, mais mon mouvement sera tranquille.


° Le miroir, pour assurer mes arrières. Il reflète une image opposée de là où je regarde. Il montre une autre face de la même réalité. Et si je suis en danger sur l’eau, j’oriente le miroir de sorte que la lumière reflète au bon endroit, où l’on me verra. En kite, le miroir, c’est l’autre, c’est le regard des autres lorsqu’on est sur l’eau, c’est une attention mutuelle et partagée qui peut nous sauvegarder, du danger de nous même parfois. Les couleurs vives d’une l’aile qui flotte trop longtemps en s’assombrissant dans l’eau, vont alerter et envoyer le signal. Mais je n’attendrais pas un sauvetage, je procèderai au « self rescue » et l’un ou l’autre viendra bien, ou pas, me donner un coup de mains, la berge n’étant jamais bien loin.


° Enfin les cordages, faire et défaire des nœuds, construire, déconstruire et reconstruire, minutieusement, des fois longuement, surtout ne pas trancher. Gréer, appareiller, et puis ranger chaque chose à sa place. Jusqu’à la prochaine nav.


Je vous souhaite bons vents et un bon weekend !

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